Toxoplasmose et santé publique

La toxoplasmose, maladie parasitaire dont le Chat et les autres félidés sont les hôtes définitifs, est une zoonose redoutée pour les troubles de développement fœtal qu’elle peut générer chez les femmes enceintes. Jusqu’à présent, son rôle pathogène chez l’Homme semblait, à de rares exceptions près, cantonné à cette situation particulière. Mais selon des études récentes et convergentes, cette infection pourrait avoir bien plus d’incidence que cela sur la santé humaine et notamment sur les individus immunodéprimés.
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Cycle évolutif de Toxoplasma gondii et principales voies de contamination humaine.© Christophe Lebis Creative Commons

Si seuls le Chat et les autres félidés sont hôtes définitifs de l’agent de la toxoplasmose, tous les mammifères, y compris l’Homme, le Chien et le Chat, ainsi que les oiseaux, peuvent se comporter en hôtes intermédiaires. La contamination des chats se fait principalement par ingestion de proies (rongeurs, oiseaux) ou de viande crue ou mal cuite contenant des kystes parasitaires ; une contamination par ingestion des selles d’un autre chat est également possible, mais moins fréquente.

En pratique, les précautions à prendre :

  • La viande doit être cuite à cœur, ou avoir subi une congélation à -20°c pendant au moins 48h.
  • Les légumes et fruits doivent être soigneusement lavés, et si possible cuits avant ingestion.
  • Les aliments doivent être protégés des insectes et autres animaux pouvant transporter des oocystes (oeufs constituant le parasite).
  • Il faut éviter de boire de l’eau de surface non traitée.
  • Le lavage soigneux des mains est recommandé après manipulation de terre ou de viande crue. Le port de gants pour ce type de manipulation est à recommander pour les personnes à risques.
  • Il faut éviter le contact avec les fèces de chat. Le port de gants pour la manipulation des litières et l’élimination des selles est conseillé. Le nettoyage quotidien des litières permet d’anticiper la production de spores des oocystes et réduit les risques de contamination.
  • On déconseillera une trop grande proximité entre les personnes à risque et les chats, particulièrement en interdisant à ceux-ci de dormir sur les lits.
  • En ce qui concerne la contamination postnatale des enfants, il est nécessaire d’empêcher que les chats puissent souiller les bacs à sable, en y plaçant un couvercle par exemple.
  • En ce qui concerne les chats eux-mêmes, il est possible de réduire les risques de contamination en évitant la distribution de viande crue ou mal cuite et en les gardant à l’intérieur, afin qu’ils ne puissent ingérer des proies contaminées. Le port d’une petite clochette a parfois été conseillé. Cela permet de limiter considérablement la capacité des chats à chasser des petits rongeurs ou des oiseaux (et donc le risque de contamination de la toxoplasmose).

La vaccination des chats permettrait de réduire l’impact de la toxoplasmose en Santé Publique. Pour l’instant, aucun vaccin n’est commercialisé mais plusieurs études sont actuellement réalisées pour le développement de cette stratégie de prévention.

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